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L’essor du « QA » ou « quotient d’adaptabilité », désormais considéré comme une compétence indispensable

L’essor du « QA » ou « quotient d’adaptabilité », désormais considéré comme une compétence indispensable

« L’attention portée au quotient d’adaptabilité ne doit pas faire oublier l’importance de l’agilité de l’environnement de travail »

L’innovation technologique, les défis économiques, les changements structurels imprévus, etc. Le marché du travail est constamment confronté à de nouveaux défis dans différents domaines. Compte tenu de la succession de plus en plus rapide de ces changements, il convient de tenir compte du quotient d’adaptabilité ou QA des collaborateurs en tant qu’expert en ressources humaines. Cet indicateur relativement nouveau est déjà en bonne voie pour au moins égaler en importance le quotient intellectuel (QI) et le quotient émotionnel (QE).

Toutes les professions s’adaptent aux évolutions de la société. Ces changements sont incontournables et il serait dommage de manquer le coche. Alors qu’autrefois, un mécanicien automobile pouvait exclusivement s’appuyer sur des compétences mécaniques, aujourd’hui, il est souvent amené à manipuler le logiciel d’un véhicule. Pour leur part, les travailleurs qui n’effectuent pas de tâches manuelles doivent parfois apprendre à maîtriser de nouveaux outils en un bref laps de temps. Le QA ou quotient d’adaptabilité deviendra-t-il dès lors le facteur par excellence pour évaluer un collaborateur ?

Du QI au QA en passant par le QE

Le QI des candidats gardera toujours de l’importance aux yeux des recruteurs. Il reste essentiel d’obtenir de bons scores en matière de QI, de compétences et d’aptitudes. Mais ces critères de sélection ne sont plus les seuls à être pris en compte. L’avènement du concept d’intelligence émotionnelle les a rendus moins prépondérants que par le passé. La capacité à percevoir consciemment, à contrôler et à exprimer efficacement les émotions a gagné en importance. L’impact évident du QE sur les compétences douces, comme le leadership et les compétences en matière de communication, joue sans aucun doute un rôle à cet égard.

Ces derniers temps, le QE perd néanmoins du terrain suite à l’attrait croissant pour le QA, la capacité à faire face au changement en adoptant une attitude positive. Cette aptitude se mesure en fonction de la rapidité avec laquelle un travailleur parvient à s’adapter dans un contexte de changement perpétuel. Il est possible de s’appuyer sur les collaborateurs dotés d’un QA élevé, y compris lorsque des changements interviennent dans leur fonction, leur équipe ou leur environnement du jour au lendemain. 

Tout comme le QE, il est impossible de représenter le QA d’un collaborateur à l’aide d’une mesure précise traduite en un seul chiffre. Mieux vaut le considérer comme un concept. Il s’agit d’un ensemble de traits de caractères nécessaires, comme le sens de l’observation, la flexibilité, l’inventivité, la capacité à prendre des décisions et à faire office de source d’inspiration et de motivation pour autrui. Autant d’éléments qu’il est possible d’analyser à l’aide de tests psychologiques, d’assessment centers, d’analyses de cas et d’entretiens comportementaux.

Le QA du collaborateur et de l’entreprise vont de pair

Pour les entreprises, la crise du coronavirus a souligné plus que jamais l’importance de l’agilité. Elle a nécessité une évaluation, voire une adaptation à la vitesse grand V des processus de travail (et parfois de l’offre). Pour assurer la réussite de cette transition soudaine, les employeurs se sont fortement appuyés sur la flexibilité de leurs collaborateurs. Par conséquent, l’attention se porte de façon beaucoup plus prononcée sur le QA des nouveaux candidats. Cette évolution se produit encore plus rapidement que l’on aurait pu le croire avant la crise du coronavirus.

Cependant, vous ne pouvez pas faire reposer la responsabilité du développement du quotient d’adaptabilité sur les seules épaules de vos collaborateurs. Au sein d’une entreprise, le changement entraînera toujours certaines difficultés. En tant qu’employeur, vous ne pouvez donc pas vous focaliser uniquement sur le QA et oublier l’aspect humain qui joue inévitablement un rôle lors des processus de changement. Il incombe aux employeurs de fournir l’aide nécessaire à leurs collaborateurs afin de s’assurer que l’entreprise dispose de l’agilité requise.

Mais comment mettre en place un contexte dans lequel les collaborateurs disposent de la latitude et des opportunités requises pour adopter une attitude flexible ? D’une part, ce travail peut être réalisé à l’aide d’interventions de moindre ampleur au niveau de l’organisation du travail, comme les horaires flexibles, les lieux de travail variables, le télétravail, etc. D’autre part, vous pouvez aller encore plus loin en apportant de la flexibilité au contenu du travail de vos collaborateurs, en modifiant la composition des équipes de temps à autre et en expérimentant de nouveaux outils afin d’atteindre certains objectifs. En effet, l’agilité de l’environnement de travail et un degré de QA élevé chez vos collaborateurs vont de pair.